Confrontation du bien et du mal

Publié le par connaitre islam

 


Le coran nous raconte l'histoire des prophètes. La même histoire est racontée plusieurs fois mais avec une façon différente et avec des détails différents. Dieu nous apprend le but de ces récits :

[111] Il y a, à coup sûr, un enseignement dans l’histoire des prophètes pour les hommes doués d’intelligence. Ce Livre n’est point un récit inventé de toutes pièces, mais il est une confirmation des Écritures antérieures, un exposé détaillé de toute chose, une bonne direction et une grâce pour ceux qui croient en leur Seigneur. Sourate de Joseph (Yûsuf)

[120] Tous les récits que Nous te rapportons sur les prophètes sont destinés à raffermir ton cœur. Tu y découvriras la vérité ainsi qu’une exhortation et un rappel à l’adresse des croyants.[121]Dis à ceux qui ne croient pas : «Restez fermes sur vos positions ! Nous aussi, nous le sommes sur les nôtres. Sourate de Hûd (Hûd)

 

Ce qui nous interpelle c'est que l'histoire de Moïse avec le Pharaon est la plus citée. La position de Moïse et de son frère Aaron était très difficile. Dans Sourate des Poètes (Ash-Shu‘arâ’), Dieu nous relate ce qui s'est passé pour que l'on se rende compte de cette confrontation entre le bien et le mal.

L'histoire commence par un appel de Dieu à Moïse :

 

[10] Souviens-toi lorsque ton Seigneur appela Moïse et lui dit : «Va trouver ce peuple pervers, [11] ce peuple de Pharaon, pour voir pourquoi ils ne craignent pas le Seigneur.» [12] – «Seigneur, dit Moïse, je crains qu’ils ne me traitent de menteur, [13] et de me sentir le cœur oppressé au point de ne pouvoir m’exprimer. Envoie plutôt Aaron ! [14] Au surplus, ils ont un crime à me reprocher et je crains qu’ils ne me mettent à mort.» [15] – «Il n’en sera rien, dit le Seigneur. Partez tous les deux munis de Nos signes. Nous serons avec vous et Nous écouterons. [16] Allez donc tous deux auprès de Pharaon, et dites-lui : “Nous sommes les messagers du Maître de l’Univers, [17] pour que tu renvoies avec nous les fils d’Israël.”»
Le crime dont parle Moïse c'est qu'il avait tué un égyptien auparavant et il s'était enfui (cette histoire est détaillée dans la
Sourate 28 du Récit (Al-Qasas)). On remarquera par la suite que Pharaon va rappeler à Moïse ce crime. Dieu montre à son prophète qu'Il est avec lui : Il lui donne des signes et envoie son frère avec lui pour qu'il l'aide et la soutienne dans cette tâche si difficile !

 

Tout de suite, le coran nous met face à la deuxième scène :

[18] Pharaon dit à Moïse : «Ne t’avons-nous pas élevé tout enfant parmi nous? N’as-tu pas passé plusieurs années parmi nous? [19] C’est à ce moment-là qu’en ingrat tu as commis le forfait que tu connais.»
[20] – «C’est vrai, répondit Moïse. Je l’ai commis quand j’étais encore du nombre des égarés. [21] Et je me suis enfui par crainte de vous. Aujourd’hui, mon Seigneur m’a donné la sagesse et m’a mis au rang des prophètes. [22] Est-ce là le bienfait que tu me rappelles, alors que tu gardes les fils d’Israël en esclavage?» [23] – «Qui donc est ce Seigneur de l’Univers?», demanda Pharaon. [24] – «C’est, reprit Moïse, le Seigneur des Cieux, de la Terre et des espaces interstellaires, pour peu que vous ayez la foi !» [25] – «Avez-vous entendu?», dit Pharaon à son entourage. [26] – «Oui, répliqua Moïse, c’est votre Maître et Celui de vos premiers ancêtres.» [27] – «Ce prophète qu’on vous envoie, dit Pharaon, est un vrai possédé !» [28] – «Oui, continua Moïse, c’est le Seigneur de l’Orient et de l’Occident et de ce qui les sépare, si seulement vous vouliez y réfléchir

Je voudrais m'arrêter sur ces paroles : remarquez avec moi que Moïse répond à Pharaon, ce dernier se tourne vers son entourage (comme s'il demandait du soutien). Il traite Moïse de possédé mais n'apporte aucun argument face aux paroles de Moïse. Il en est ainsi pour tous ceux qui ne sont pas sur un terrain solide : ils accusent, cherchent des alliés sans apporter la moindre preuve de ce qu'ils avancent.

 

Pharaon, vaincu sur le terrain des arguments donc, profère des menaces. Après tout c'est lui le roi. C'est lui qui a les armées. Et qu'est-ce que Moïse, il n'a rien, c'est un homme sans aucune force apparente :

[29] – «Si tu adores une autre divinité que moi, je te jetterai en prison», s’écria Pharaon. [30] – «Et si je t’apportais, dit Moïse, une preuve éclatante?» [31] – «Apporte-la donc, répliqua Pharaon, si tu es véridique !»
Pharaon se trouve bien obligé de demander cette preuve éclatante. Il ne peut pas condamner la personne sans la laisser s'exprimer.

 

[32] Moïse jeta alors son bâton qui se transforma aussitôt en vrai serpent. [33] Puis il étendit sa main qui apparut toute blanche aux assistants. [34] «Quel magicien extraordinaire !, dit Pharaon à son entourage. [35] Il veut vous expulser de votre pays au moyen de sa sorcellerie. Que prescrivez-vous»?

Pharaon et son entourage voient la preuve. Il traite Moïse de magicien car en Égypte, à l'époque, la magie était très répandue. Il se tourne une fois encore vers son entourage pour leur demander leur avis «Que prescrivez-vous» ? Il ne faut pas oublier que Pharaon disait : «Je suis votre seigneur le plus puissant !» Verset 24 de Sourate des Arracheurs (An-Nâzi‘ât)

 

Et l'assemblée donne son avis :

[36] – «Remets-le à plus tard, lui et son frère, dirent-ils, et envoie dans les villes des messagers, [37] pour t’amener les magiciens les plus habiles.» [38] Et les magiciens furent ainsi réunis au jour et au moment fixés. [39] Et il fut dit aux gens : «Voudriez-vous vous réunir, [40] afin que nous suivions les magiciens, si ce sont eux les vainqueurs?»
Le défi est lancé et tout le monde assiste au spectacle... Mais on sent déjà que Pharaon et son assemblée ne sont pas sûrs de la victoire malgré leur armée de magiciens expérimentés face à un seul homme. Ceci montre bien qu'ils ne sont pas sur un terrain solide comme je l'avais indiqué plus haut. La suite de l'histoire confirme leur crainte.

 

[41] Et lorsque les magiciens arrivèrent, ils demandèrent à Pharaon : «Aurons-nous une récompense, si nous sommes les vainqueurs?» [42] – «Assurément, répondit Pharaon, et vous ferez aussi partie de mon entourage.» [43] – «Jetez ce que vous avez à jeter», leur dit Moïse. [44] Ils jetèrent leurs cordes et leurs bâtons en disant : «Par la puissance de Pharaon ! C’est nous qui serons les vainqueurs !» [45] Après quoi, Moïse jeta son bâton ; et celui-ci happa aussitôt tous leurs artifices.
Je voudrais m'arrêter sur cette scène. En effet, le coran dit à d'autres endroits :

[115] Les magiciens dirent alors à Moïse : «Veux-tu commencer ou est-ce nous qui commençons?» [116] – «Commencez !», répondit Moïse. Et aussitôt qu’ils eurent jeté leurs sorts, ils fascinèrent la foule, lui inspirèrent une grande frayeur et déployèrent une magie extraordinaire ! Sourate des Murailles (Al-A‘râf)

Moïse a eu peur mais Dieu le rassura :

[65] Et ils ajoutèrent : «Ô Moïse ! Est-ce toi qui jetteras ta magie ou serons-nous les premiers?» [66] – «Allez-y, vous, les premiers !», répondit Moïse. Et aussitôt il lui sembla que leurs cordes et leurs bâtons, sous l’effet de leur magie, rampaient réellement ! [67] Moïse en éprouva alors une crainte secrète. [68] «N’aie pas peur, lui dîmes-Nous, c’est toi qui triompheras ![69] Jette le bâton qui est dans ta main droite ! Il dévorera leurs artifices, car leurs artifices ne sont que des tours de charlatan. Or, jamais le charlatan ne réussira, où qu’il soit !» Sourate de Tâ-Hâ (Tâ-Hâ)

 

Les magiciens ont perdu le duel. Eux qui demandaient à Pharaon une récompense ont changé subitement car ils ont connu la vérité : Moïse a raison, ce ne peut pas être un imposteur, ce sont eux les magiciens les plus doués. Et ils se prosternèrent :

[46] Les magiciens tombèrent alors prosternés, [47] en disant : «Nous croyons au Seigneur de l’Univers, [48] le Dieu de Moïse et d’Aaron !» [49] – «Vous avez donc cru en lui, s’écria Pharaon, avant que je ne vous y autorise? Il est donc votre chef qui vous a appris la magie ! Vous ne tarderez pas à apprendre que je vais vous faire couper une main d’un côté et un pied de l’autre et que je vous ferai tous crucifier

Pharaon sait qu'il est sur du sable mouvant : il profère des menaces et lance des mensonges. Il dit à ses magiciens que s'ils voulaient se convertir il faut d'abord qu'ils lui demandent son autorisation !

 

[50] – «Qu’importe, dirent-ils, car c’est vers notre Seigneur que se fera notre retour. [51] Nous souhaitons qu’Il nous pardonne nos péchés pour avoir été les premiers à nous convertir.»
Pharaon perd encore une fois car les magiciens restent sur leur position alors que tout le peuple assiste à la scène.

 

Le coran ne nous donne pas le détail de ce qu'a fait Pharaon des magiciens. Il nous oriente vers une nouvelle scène :

[52] Nous révélâmes alors à Moïse de partir de nuit avec Nos serviteurs et l’avertîmes qu’il serait poursuivi.

 

Pharaon ne se sentait plus en sécurité, il sait que les gens commencent à suivre le messager de Dieu. Maintenant il faut agir et de manière radicale :

[53] Pharaon dépêcha des envoyés dans toutes les villes pour proclamer : [54] «Ils ne sont en fait qu’une bande peu nombreuse, [55] qui nous ont créé bien des difficultés ; [56] mais nous sommes tous sur nos gardes.»
Et voilà, celui qui se proclamait le seigneur le plus puissant appelle encore une fois les troupes, les gens chez eux et les rassure (ou plutôt il voulait se rassurer lui même). Car que pourra-t-il leur arriver, eux qui sont si nombreux face à « cette bande peu nombreuse » !

 

Nous avons remarqué plus haut que, contrairement aux apparences, Moïse n'était pas seul. Il avait le soutien divin car sans ce soutien il n'aurait certainement rien pu faire.

[57] C’est ainsi que Nous poussâmes Pharaon et les siens à quitter leurs jardins et leurs sources, [58] leurs trésors et leurs résidences somptueuses. [59] Ainsi en fut-il. Et Nous donnâmes tout cela en héritage aux fils d’Israël.
[60] Au lever du jour, Pharaon et les siens se lancèrent à leur poursuite.
[61] Et lorsque les deux groupes furent en vue l’un de l’autre, les compagnons de Moïse s’écrièrent : «Nous allons être rejoints !» [62] – «Il n’en est rien, fit Moïse. Mon Seigneur est avec moi. Il me guidera

Moïse est certain que Dieu est avec lui et qu'il le guidera.

 

[63] Nous ordonnâmes alors à Moïse de frapper la mer avec son bâton. Et aussitôt les flots se fendirent en deux, formant de chaque côté comme une énorme montagne. [64] Puis, après y avoir attiré Pharaon et son armée, [65] Nous sauvâmes Moïse et les siens, [66] et engloutîmes leurs ennemis.
Et c'est comme ça que l'histoire de ce tyran fut terminée. Une page fut pliée.

 

Et tout de suite, le coran nous donne la conclusion de se qui s'est passé :

[67] Il y a là sûrement un enseignement, mais la plupart des hommes ne sont pas croyants. [68] En vérité, ton Seigneur est le Tout-Puissant et le Tout-Clément.

 

Ces deux versets (67 et 68) sont répétés à huit reprises dans cette sourate : les poètes.

Ils nous invitent à réfléchir pour notre bien car le Seigneur des univers n'a pas besoin de nous mais ce sont nous qui avons besoin de sa guidée.

 

Publié dans prophete

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