Le prophète Shu`ayb

Publié le par connaitre islam

Le prophète Shu`ayb

Il est cité dans le coran comme étant le prophète envoyé au peuple de Madyan. Ce peuple était d'origine arabe. Ils habitaient la ville du même nom, une cité située dans la région de Ma'an dans les confins de la Grande Syrie (le Sham), du côté de la région du Hijaz, près du lac du peuple de Loth. Ils vécurent peu de temps après le peuple de Loth. Ils étaient de grands négateurs, des fraudeurs, des brigands, ils terrorisaient les voyageurs et ils pratiquaient la mauvaise mesure dans le commerce. Ils adoraient un arbre situé dans un bois formé d'arbres touffus et entrelacés (al-ayka).

 

Dans sourate l'araignée, nous avons un bref passage de ce qui s'est passé entre Shu`ayb et son peuple :

[36] Aux Madyanites Nous avons envoyé leur frère Shu`ayb. «Ô mon peuple, leur dit-il, adorez Dieu et attendez-vous au Jugement dernier ! Ne semez pas le désordre sur la Terre !» [37] Mais ils le traitèrent d'imposteur. Aussi furent-ils frappés par le séisme et, le matin suivant, le sol de leurs demeures était jonché de cadavres.

 

Dans sourate Houd, nous trouvons plus de détails du dialogue qui a eu lieu entre Shu`ayb et son peuple :

[84] Aux gens de Madyan Nous avons envoyé leur frère Shu`ayb. «Ô mon peuple, leur dit-il, adorez Dieu, vous n'avez d'autre divinité que Lui ! Ne fraudez pas dans les mesures et ne faussez pas la balance ! Je vois que vous êtes en pleine prospérité ; mais je crains pour vous un jour où le châtiment vous enveloppera de toutes parts. [85] Ô mon peuple ! Faites pleine mesure et pesez avec équité ! Ne causez pas de tort aux gens en sous-estimant leurs biens ! Ne semez pas la corruption sur la Terre ! [86] Un bénéfice honnête, aussi petit soit-il, est infiniment meilleur pour vous, si vous êtes des croyants sincères. Je vous le dis sans être pour autant responsable de vos actes.»

Shu`ayb lance cet appel sincère de n'adorer que Dieu digne d'être adoré, de ne pas semer la corruption, d'être juste et de ne pas frauder. Mais son peuple répond d'une manière inattendue :
[87] – «Ô Shu`ayb ! Sont-ce tes prières qui t'ordonnent de nous pousser à renier le culte de nos ancêtres ou à ne plus disposer de nos richesses comme nous l'entendons? Est-ce toi l'homme sage et sensé que nous connaissons?»
Une manière de dire : mais quel est le lien entre tes prières et ce que nous faisons? Tes croyances n'ont rien a voir avec notre façon de vivre. De quoi te-mêles-tu?

Malheureusement, c'est la réponse que reçoivent souvent ceux qui donnent des conseils afin que la société ne dévie pas, afin que les gens vivent d'une manière correcte sans injustice ni fraude.

 

Shu`ayb répond à la manière de chaque prophète qui veut du bien aux autres.

[88] – «Ô mon peuple, répliqua Shu`ayb, que diriez-vous si j'étais nanti d'une preuve évidente de mon Seigneur et si j'étais réellement gratifié d'une insigne faveur? Soyez certains que, quand je vous interdis quelque chose, mon but n'est pas de vous contrarier, mais il est seulement de vous rendre meilleurs, dans la mesure de mes moyens. Et ma réussite ne dépend que du Seigneur. C'est à Lui que je me confie et c'est à Lui que je ferai retour.
Et il continue à leur rappeler ce qui s'est passé avec les peuples précédents qui ont renié le message de leurs prophètes :

[89] Ô mon peuple ! Que votre hostilité à mon égard ne vous entraîne pas à encourir les mêmes châtiments qui atteignirent le peuple de Noé, ou le peuple de Hûd, ou le peuple de Sâlih Et l'exemple du peuple de Loth n'est pas si éloigné de vous. [90] Implorez donc le pardon de votre Seigneur et revenez repentants vers Lui, car mon Seigneur est Plein d'indulgence et d'amour !»
Mais les coeurs se sont endurcis et les mécréants profèrent des menaces envers Shu`ayb :

[91] – «Ô Shu`ayb, répliquèrent-ils, nous ne comprenons pas grand-chose à ce que tu nous dis. D'ailleurs, ta position n'est guère enviable parmi nous et, sans ton clan, nous t'aurions déjà lapidé, car rien ne nous aurait empêché de le faire !»
Shu`ayb leur rappelle que seul Dieu a le tout pouvoir et ce n'est pas un clan particulier ou toute force sur terre qui peut résister à sa volonté :

[92] – «Ô mon peuple, reprit Shu`ayb, mon clan vous semble-t-il plus puissant que Dieu à qui vous tournez ouvertement le dos? En vérité, mon Dieu embrasse de Sa science tout ce que vous faites.

 

Dans la sourate des poètes, on trouve cette parole de Shu`ayb :

[180] Je ne vous réclame aucun salaire, car je n'attends ma récompense que du Maître de l'Univers.

Shu`ayb n'a rien à gagner du point de vue matériel. Il veut juste corriger les croyances et le comportement des siens. C'est sa responsabilité.

 

Dans la sourate des Murailles, Shu`ayb proposa ceci :

[87] S'il en est parmi vous un certain nombre pour croire à ma mission alors que d'autres n'y ont pas cru, patientez jusqu'à ce que Dieu nous départage, car Il est le Meilleur des juges !»
Les responsables aveuglés par leur pouvoir menacent :

[88] Mais les chefs de son peuple, enflés d'orgueil, répliquèrent : «Ô Shu`ayb ! Nous te chasserons de notre cité, ainsi que ceux qui ont cru avec toi, à moins que vous ne reveniez à notre culte.» – «Comment !, riposta Shu`ayb. Y revenir, même si nous l'avons en aversion ! [89] Ce serait de notre part une véritable trahison à l'encontre de Dieu que de revenir à votre religion après qu'Il nous en a délivrés. Il n'est donc plus question pour nous d'y retourner, à moins que Dieu, notre Seigneur dont la science embrasse toute chose, ne le veuille ! C'est en Lui que nous mettons notre confiance. Seigneur ! Veuille trancher, en toute équité, le différend qui nous oppose à notre peuple, car Tu es le Meilleur des juges !»

Remarquons la position du prophète qui -minoritaire- met toute sa confiance ne Dieu le Tout Puissant. C'est Lui qui guide, c'est Lui qui tranche.

Et ces notables enflés d'orgueil essaient d'attirer la population vers eux :
[90] Et les négateurs parmi les notables de son peuple dirent : «Si vous suivez Shu`ayb, vous êtes assurément perdants.»

 

L'heure du châtiment a sonné :

[91] Alors un violent tremblement les secoua. Et le lendemain, ils gisaient, inanimés, dans leurs demeures. [92] Ainsi fut la fin de ceux qui avaient traité Shu`ayb d'imposteur, comme s'ils n'avaient jamais hanté ces demeures ; ce sont eux qui furent les perdants. [93] Shu`ayb s'éloigna alors d'eux en disant : «Ô mon peuple ! Je vous ai transmis les messages de mon Seigneur. Je vous ai prodigué les conseils les plus salutaires. Après tout, dois-je m'affliger sur le sort d'un peuple infidèle?» sourate des Murailles.


[94] Et lorsque Notre ordre fut donné, Nous sauvâmes Shu`ayb et ceux qui avaient cru avec lui, par un effet de Notre miséricorde. Mais le grondement terrifiant saisit ceux qui avaient été injustes et, le lendemain, ils gisaient inertes dans leurs demeures, [95] comme s'ils n'y avaient jamais vécu ! Maudit soit donc le peuple de Madyan, comme l'avait été celui de Thamûd ! sourate Houd.

 

La vie des prophètes est riche en enseignements qui sont et seront utiles pour l'humanité à travers les siècles. Ici, nous avons eu un aperçu de l'histoire de Shu`ayb. Pour plus de détails, veuillez consulter le livre de l'histoire des prophètes rédigé par l'imminent savant Ibn Kahir.

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